Haïti : le Bas-Artibonite aux mains des gangs, le gouvernement mise sur un don de 500 tonnes de riz de la Guyana
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Port-au-Prince – Alors que le Bas-Artibonite, principal bassin rizicole du pays, reste sous l’emprise de groupes armés, le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a annoncé la réception d’un don de 500 tonnes de riz offert par la Guyana. Une initiative qui relance les interrogations sur la stratégie agricole de l’exécutif face à la crise alimentaire.
Depuis plusieurs mois, de vastes portions du Bas-Artibonite, souvent présenté comme le grenier agricole d’Haïti, sont affectées par l’insécurité. Les violences armées perturbent les activités agricoles, limitent les déplacements des producteurs et compromettent l’exploitation des terres irriguées, essentielles à la production nationale de riz.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs estiment que la priorité devrait être le rétablissement de la sécurité dans les grandes zones de production afin de permettre la relance de l’agriculture. Outre le Bas-Artibonite, la plaine de Torbeck, dans le département du Sud, ainsi que la plaine de Maribaroux, dans le Nord-Est, figurent également parmi les principaux espaces agricoles susceptibles de contribuer à renforcer l’autosuffisance alimentaire du pays.
La réception de cette aide alimentaire soulève également des questions sur la politique agricole du gouvernement. Certains analystes estiment qu’une dépendance accrue aux dons et aux importations ne saurait remplacer une stratégie durable de soutien à la production nationale, fondée sur la sécurisation des zones agricoles, l’accompagnement des producteurs et les investissements dans les infrastructures rurales.
Après près de vingt mois de gouvernance, plusieurs acteurs du secteur agricole s’interrogent sur les résultats obtenus par le ministère de l’Agriculture. Ils demandent quelles mesures concrètes ont été mises en œuvre pour relancer la production nationale, valoriser les terres agricoles, soutenir les agriculteurs et renforcer la sécurité alimentaire dans un pays où une grande partie de la population reste confrontée à l’insécurité alimentaire.
Dans un contexte de crise multidimensionnelle, la capacité des autorités à protéger les principales zones de production et à définir une politique agricole cohérente demeure l’un des défis majeurs pour réduire la dépendance d’Haïti à l’aide alimentaire extérieure.
