Kenscoff : Ketler Jean-Pierre Mauriceau prend les commandes de la juridiction pour reprendre l’initiative face aux gangs
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Kenscoff, 28 août 2026 — Après le choc provoqué par les récentes attaques meurtrières à Kenscoff, la Police nationale d’Haïti mise sur un changement de méthode. À la tête de la juridiction depuis le 27 août, le commissaire principal Ketler Jean-Pierre Mauriceau arrive avec un profil qui pourrait faire la différence : celui d’un policier de terrain, mais aussi d’un homme rompu au renseignement et aux enquêtes criminelles.
Ancien cadre de la Brigade d’intervention et de recherche (BRI) de la DCPJ, Mauriceau connaît les mécanismes de la criminalité organisée. Son expérience dans le Sud-Est, notamment dans la lutte contre l’insécurité et le trafic de stupéfiants, renforce l’image d’un officier habitué aux situations complexes.
À Kenscoff, l’enjeu ne consiste plus uniquement à répondre aux attaques une fois qu’elles ont commencé. La priorité est désormais de reprendre l’initiative.
Le nouveau responsable dispose d’un profil particulièrement adapté à cette approche. Le renseignement, l’identification des réseaux, la collecte d’informations de terrain et l’exploitation des données criminelles peuvent permettre à la police de mieux anticiper les mouvements des groupes armés. Autrement dit, Mauriceau pourrait privilégier une police qui traque, qui anticipe et qui démantèle, plutôt qu’une police condamnée à réagir.
La reconquête sécuritaire de Kenscoff nécessitera toutefois une action structurée : renforcer les unités opérationnelles, améliorer la circulation du renseignement, sécuriser les axes stratégiques et identifier les réseaux qui permettent aux groupes armés de se ravitailler, de se déplacer ou de financer leurs opérations.
L’enjeu sera également de restaurer progressivement la présence de l’État dans les zones fragilisées. La sécurité ne peut pas se limiter aux opérations policières : elle doit permettre aux habitants de reprendre une vie normale, aux services publics de fonctionner et aux populations déplacées de retrouver leurs communautés.
La nomination de Mauriceau intervient donc comme un signal. Son parcours à la DCPJ et son expérience opérationnelle laissent entrevoir une approche davantage fondée sur le renseignement, la planification et les interventions ciblées.
Son avantage pourrait précisément résider dans cette capacité à analyser avant d’agir. Kenscoff attend désormais des résultats. Et pour le nouveau commissaire, la mission est claire : transformer le traumatisme actuel en point de départ d’une stratégie de reconquête sécuritaire.
Si les moyens nécessaires lui sont accordés et si la chaîne de commandement lui garantit l’espace opérationnel indispensable, Ketler Jean-Pierre Mauriceau pourrait être l’un des hommes appelés à faire passer Kenscoff d’une logique de survie à une logique de reprise en main par l’État.

