9 mars 2026

Investir dans l’industrie : un des volets de la visite de Bill Clinton en Haïti

3 min de lecture

La visite de l’envoyé spécial des Nations unies pour Haïti, Bill Clinton, s’est achevée par une étape consacrée à l’investissement industriel. L’ancien président américain et la délégation d’hommes d’affaires étrangers qui l’accompagnait ont visité la SHODECOSA, un parc industriel du WIN Group, avant de se rendre sur le site d’un projet de zone franche à Cité Soleil.

L’objectif de cette visite était clair : explorer les possibilités d’investissements capables de stimuler la création d’emplois en Haïti. Pour les investisseurs, il s’agissait notamment de mieux comprendre les réalités et le potentiel de la SHODECOSA, l’un des deux parcs industriels de la capitale.

Propriété du West Indies Group (WIN Group), un conglomérat dirigé par la famille Mevs, la SHODECOSA s’étend sur près de deux millions de pieds carrés (un pied carré équivalant à 0,0929 m²). Aujourd’hui, environ 5 000 ouvriers y travaillent. Un chiffre bien inférieur à la capacité d’accueil du parc, qui employait près de 30 000 personnes dans les années 1980.

Les turbulences sociopolitiques qu’a connues le pays ont toutefois entraîné un recul des activités industrielles. Plusieurs usines ont réduit leur production ou quitté le pays pour s’installer ailleurs dans la Caraïbe. Sur les 52 bâtiments que compte la SHODECOSA, à peine une dizaine abritent encore des unités de production. Les autres servent principalement d’entrepôts pour des organisations humanitaires ou des entreprises commerciales.

Dans ce contexte, la visite de Bill Clinton et des investisseurs suscite l’espoir d’un regain d’activité industrielle. Actionnaire du parc, Youri Mevs affirme avoir déjà reçu plusieurs demandes d’informations de la part d’investisseurs potentiels.

« Dans son rôle d’ambassadeur, M. Clinton rassure la communauté internationale. Sa visite est importante, car elle confirme le message envoyé par les Nations unies : après le rétablissement de la paix dans plusieurs zones sensibles, Haïti est prêt à accueillir des capitaux étrangers », a-t-elle déclaré.

Accueillie sous les applaudissements des employés du parc, la délégation a également discuté de plusieurs enjeux majeurs pour le développement industriel, notamment l’insuffisance de la production d’électricité. Bill Clinton a indiqué que l’amélioration de l’alimentation énergétique des industries ferait partie de ses priorités.

La question des avantages sociaux des ouvriers a également été évoquée, notamment l’accès aux soins de santé. Les discussions ont ainsi porté sur la mise en place d’un système de santé plus juste et accessible pour les travailleurs.

Avant de quitter les lieux, la délégation s’est rendue sur le site d’un projet de zone franche du WIN Group à Cité Soleil. Évalué à 45 millions de dollars américains, le projet bénéficie notamment du soutien du Soros Economic Development Fund.

Le plan prévoit la construction de 46 bâtiments industriels sur une superficie de 1,2 million de pieds carrés, capables d’accueillir jusqu’à 25 000 ouvriers. La zone franche viserait dans un premier temps à attirer des industries légères d’assemblage, profitant de la proximité du marché américain. Des négociations sont déjà en cours avec des investisseurs américains et européens.

« Même si cela peut sembler répétitif, je le redis : c’est la première fois que tous les voisins d’Haïti attachent autant d’importance au succès des investissements étrangers dans le pays. C’est un moment important », a souligné Bill Clinton.

L’ancien président américain a également indiqué qu’il examinerait le niveau d’alerte sécuritaire appliqué par les États-Unis à Haïti.

« Je sais que les attentes des Haïtiens sont grandes. Port-au-Prince est aujourd’hui plus sécuritaire que plusieurs autres villes qui n’ont pas ce niveau d’alerte. À mon retour, je me pencherai sur cette question », a-t-il promis.

Si la visite de la délégation internationale nourrit l’espoir de retombées positives pour l’économie haïtienne, certains observateurs rappellent toutefois que les défis restent considérables. L’absence d’infrastructures de base demeure un obstacle majeur aux investissements, qu’ils soient nationaux ou étrangers. Beaucoup attendent désormais que les promesses faites se traduisent par des actions concrètes.

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