Xi Jinping à Pyongyang : la Chine veut reprendre la main face aux ambitions de Kim Jong Un et aux manœuvres de Washington
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Port-au-Prince, 6 juin 2026 – Le président chinois Xi Jinping effectuera, à partir du 8 juin, une visite hautement stratégique en Corée du Nord pour rencontrer le dirigeant Kim Jong Un. Cette visite, la première de Xi à l’étranger en 2026, intervient dans un contexte géopolitique particulièrement tendu marqué par le rapprochement croissant entre Pyongyang et Moscou, ainsi que par les signaux d’ouverture envoyés par le président américain Donald Trump en direction du régime nord-coréen.
Pour Pékin, l’objectif est clair : réaffirmer son influence sur son allié historique et empêcher que la Corée du Nord ne s’éloigne davantage de l’orbite chinoise.
Longtemps principal soutien économique et diplomatique de la Corée du Nord, la Chine a vu son influence relative diminuer ces dernières années. Profitant de l’isolement international provoqué par la guerre en Ukraine, Kim Jong Un a considérablement renforcé ses liens avec la Russie de Vladimir Poutine.
Les échanges militaires, économiques et diplomatiques entre Moscou et Pyongyang se sont intensifiés, suscitant des inquiétudes à Pékin. Pour plusieurs analystes, cette évolution menace directement la position privilégiée dont la Chine bénéficie traditionnellement auprès du régime nord-coréen.
En se rendant personnellement à Pyongyang, Xi Jinping entend rappeler que la Chine demeure le partenaire incontournable de la Corée du Nord.
La visite du dirigeant chinois intervient également alors que Donald Trump multiplie les déclarations laissant entendre qu’il est prêt à renouer le dialogue avec Kim Jong Un, qu’il avait rencontré à trois reprises lors de son premier mandat présidentiel.
Pour les experts, Pékin redoute qu’une éventuelle reprise des négociations directes entre Washington et Pyongyang ne marginalise la Chine dans les discussions sur l’avenir de la péninsule coréenne.
Xi Jinping cherche ainsi à s’assurer qu’aucun accord stratégique entre les États-Unis et la Corée du Nord ne puisse être conclu sans tenir compte des intérêts chinois.
Malgré leur alliance, Pékin observe avec prudence l’escalade militaire menée par Kim Jong Un. Ces derniers mois, la Corée du Nord a multiplié les essais de missiles et accéléré le développement de son programme nucléaire.
Cette semaine encore, le dirigeant nord-coréen a promis une augmentation « exponentielle » des capacités nucléaires de son pays.
Si la Chine considère la Corée du Nord comme un tampon stratégique face à la présence militaire américaine en Asie, elle craint également qu’une provocation excessive ne déclenche une crise régionale incontrôlable, susceptible d’entraîner un renforcement massif des forces américaines, japonaises et sud-coréennes dans la région.
Une démonstration de force face aux États-Unis
Au-delà des enjeux bilatéraux, cette visite possède une forte portée symbolique. Après avoir reçu successivement Donald Trump et Vladimir Poutine à Pékin, Xi Jinping veut démontrer que la Chine demeure au centre du jeu diplomatique asiatique.
Pour plusieurs observateurs, cette rencontre s’inscrit dans une stratégie plus large visant à afficher un front commun entre Pékin, Moscou et Pyongyang face à l’influence américaine dans la région indo-pacifique.
La Chine espère ainsi consolider un axe stratégique capable de contrebalancer l’alliance entre les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud.
Un partenariat de circonstance
Malgré certaines divergences, les intérêts des deux régimes demeurent étroitement liés. La Corée du Nord a besoin du soutien économique chinois pour maintenir son économie sous perfusion, tandis que Pékin considère le régime de Kim Jong Un comme un élément essentiel de sa stratégie régionale.
Cette visite devrait donc permettre aux deux dirigeants de réaffirmer leur coopération tout en clarifiant leurs priorités respectives dans un environnement international marqué par la compétition entre grandes puissances.
À Pyongyang comme à Pékin, l’heure est à la consolidation des alliances. Mais derrière les sourires diplomatiques et les déclarations d’amitié, chacun cherche surtout à préserver ses propres intérêts dans une région devenue l’un des principaux foyers de tension du monde.

