Le fiasco Forbin : quatre mois d’amateurisme au service de la diplomatie haïtienne
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Quatre mois. C’est le temps qu’il aura fallu à Raina Forbin pour transformer le Ministère des Affaires Étrangères et des Cultes en un véritable champ de ruines. Loin d’insuffler le souffle nouveau qu’attendait une nation exsangue, la titulaire du MAEC semble avoir pris ses fonctions avec une légèreté déconcertante, confinant parfois à l’amateurisme le plus total. Le bilan est accablant : une catastrophe pour la nation, une humiliation pour la diplomatie haïtienne.
Au niveau interne, le conservatisme le plus stérile. Les mêmes visages, les mêmes « incompétents » qui officiaient sous l’ère Jean-Baptiste occupent encore les postes stratégiques. Aucune promotion pour les jeunes diplômés de l’Académie Jean Price-Mars, pourtant seuls véritables viviers de la relève diplomatique. Pire encore, les seuls « changements » que Mme Forbin semble avoir envisagés consistent à révoquer quelques contractuels, ces travailleurs de l’ombre qui, justement, font tourner la machine administrative. Une décision d’une cruelle absurdité, qui frappe les plus vulnérables tout en épargnant les véritables poids morts de la maison.
Sur le plan externe, une diplomatie en pilote automatique. Les voyages officiels se multiplient, mais aucun projet de réforme d’envergure n’est présenté. La réforme de la diplomatie, annoncée avec faste comme l’un des grands chantiers du ministère, reste lettre morte. Les promesses de rajeunissement et de restructuration n’ont abouti qu’à des effets d’annonce. Pendant ce temps, tous les chefs de mission nommés par le Conseil Présidentiel de Transition sont encore en fonction, y compris des ambassadeurs dont la récente désignation au Chili et au Canada relance le débat sur le renouvellement des cadres.
Alors, une question s’impose : Mme Forbin avait-elle seulement envisagé, ne serait-ce qu’une fois dans sa vie, d’occuper cette fonction ? Son parcours de femme d’affaires du secteur touristique ne la prédisposait pas à la rigueur de la chose publique. Et force est de constater que la transition est douloureuse. Le pays regorge pourtant de ressources capables d’occuper ce poste avec dignité et compétence.
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a salué le « professionnalisme » de sa ministre lors de son installation. Quatre mois plus tard, l’heure n’est plus aux compliments mais aux comptes. Face à ce gâchis, un chantier urgent s’impose : repenser entièrement la tête de la diplomatie haïtienne. L’avenir du pays est trop incertain pour laisser l’amateurisme s’installer au cœur de ses affaires étrangères.
