Le parrain du pillage : comment Jean-Henry Céant a détourné 7 milliards de gourdes de l’ONA, sans lever le poing, mais avec un simple stylo-plume
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Il y a des hommes qui portent en eux la contradiction : notaire, censé incarner la probité et la sécurité des actes juridiques, Jean Henry Céant, ancien Premier ministre, aura passé cinq ans à transformer son étude en une véritable caisse noire au service du pillage de l’Office national d’assurance-vieillesse (ONA). Entre 2015 et 2020, plus de 7 milliards de gourdes ont transité illégalement par son office notarial, en complicité avec plusieurs oligarques. Voilà le bilan d’un homme qui a préféré l’argent sale à la réputation.
L’exemple le plus éclatant de ce système de prédation est une transaction bancaire qui défie l’entendement. Ce jour-là, sur ordre de Jean Richard Pérard, directeur administratif de l’ONA, Jean Biden Dubois a transféré 400 millions de gourdes du compte de l’ONA vers le compte personnel de Jean Henry Céant, sous le numéro 90030152211, domicilié à la Banque de l’Union Haïtienne (BUH), alors dirigée par Olivier Barreau.
Ce n’est pas tout : ce virement de 400 millions a été effectué avant même la signature du contrat. Le document officiel, consulté par plusieurs journalistes, mentionne un décaissement « pour le compte du Notaire avant la rédaction du contrat ONAMART/ONAPHARMA ». Une violation flagrante des principes de gestion budgétaire et de transparence, qui témoigne d’un mépris souverain pour l’argent des cotisants.
400 millions n’est que la pointe de l’iceberg. Selon le journaliste d’investigation Djovany Michel, secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC), plus de 7 milliards de gourdes ont transité par le même circuit entre 2015 et 2020. L’étude notariale de Céant servait de point de transit pour des fonds publics détournés via des montages opaques.
Et les rapports de l’ULCC (Unité de Lutte Contre la Corruption) ne font qu’accabler davantage l’ancien Premier ministre. Dans le dossier du partenariat ONA-RB Investment, l’ULCC a conclu que RB Investment S.A. était une « société coquille », sans activité réelle, et que les 65 millions de gourdes versés sur le compte de l’étude notariale de Céant ont été détournés à des fins personnelles par le notaire. Pire encore, Céant n’a pas daigné répondre aux convocations des enquêteurs.
Malgré ces dénonciations, suivies de rapports accablants de l’ULCC et de sanctions internationales pour corruption et financement de gangs, Jean Henry Céant jouit d’une impunité totale.
Aujourd’hui, au lieu de répondre de ses actes devant la justice, il cherche à intimider tous ceux qui osent le dénoncer. Il accuse même l’ex-directeur de l’ULCC d’avoir mené une lutte « sélective » contre la corruption. Une stratégie de diversion classique de la part d’un homme dont la réputation est depuis longtemps en lambeaux.
Dans la vie, il faut faire un choix : sa réputation ou l’argent sale. Les deux ne marchent pas ensemble. Jean Henry Céant a choisi. Il a choisi l’appât du gain, le mépris des institutions et le pillage de l’ONA, cette institution censée garantir la dignité des retraités haïtiens.
Le peuple haïtien, lui, n’a pas oublié. Et un jour, tôt ou tard, la justice finira par rattraper celui qui a transformé son étude notariale en un repaire de prédateurs. En attendant, le notaire de l’infamie continue de marcher librement, pendant que les retraités, eux, attendent toujours leur dû.
Source : Satellite509, média indépendant spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance.
