Haïti : le MKPL acte la fin du mandat d’Alix Didier Fils-Aimé au 7 juin et réclame une nouvelle transition inclusive
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Port-au-Prince — La pression politique continue de monter autour du Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé. Dans une note publique datée du 23 mai 2026, le directoire du Mouvman Kan Pèp La (MKPL) estime que le mandat du chef du gouvernement arrivera légalement à son terme le 7 juin prochain et appelle à l’ouverture d’un nouveau processus politique basé sur le dialogue inter-haïtien et une transition inclusive.
Dans ce document signé notamment par Marc-roben Joachin, Marc-donald Elvariste et Whiss-Lee Jean-Baptiste, le MKPL affirme que la crise actuelle impose « le respect des principes constitutionnels ainsi que des engagements pris dans le cadre de la transition politique en cours ».
Le mouvement politique s’appuie sur l’article 149 de la Constitution de 1987 pour soutenir que l’échéance du mandat d’Alix Didier Fils-Aimé approche à grands pas. À quelques semaines de cette date sensible, le MKPL estime que toute décision concernant la continuité du pouvoir doit être prise dans « un esprit de dialogue, de responsabilité et de respect des accords établis ».
Cette prise de position intervient dans un contexte où plusieurs organisations politiques, signataires ou proches du Pacte national, multiplient déjà les critiques contre la gouvernance actuelle, jugée incapable de restaurer la sécurité, de stabiliser les institutions et d’organiser des élections crédibles dans les délais annoncés.
Le MKPL rappelle également que le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) avait initialement privilégié un dialogue inter-haïtien afin de dégager un consensus national autour de la transition. Selon le mouvement, le remplacement du Premier ministre après le 7 juin devrait donc découler de ce mécanisme politique et non d’arrangements unilatéraux.
« Le pays a aujourd’hui besoin d’un climat d’apaisement, d’unité et de responsabilité collective », écrit le directoire, qui appelle les partis politiques, la société civile ainsi que les partenaires internationaux à privilégier la concertation et la transparence.

Au-delà du simple départ d’Alix Didier Fils-Aimé, le MKPL plaide désormais ouvertement pour « une transition inclusive avec la participation de tous les secteurs vitaux de la vie nationale », signe qu’une partie croissante de la classe politique semble vouloir redéfinir l’architecture même du pouvoir transitoire.
Cette déclaration vient renforcer l’impression d’un isolement politique progressif du chef du gouvernement. Alors que l’insécurité continue de s’aggraver, que les gangs étendent leur contrôle sur plusieurs régions stratégiques du pays et que les élections paraissent de plus en plus incertaines, le débat sur l’après-7 juin s’installe désormais au cœur de l’actualité politique nationale.
Reste à savoir si le pouvoir en place acceptera d’ouvrir de nouvelles négociations politiques ou s’il tentera de maintenir le statu quo malgré les contestations grandissantes.

