Venezuela : la mort cachée d’un prisonnier politique provoque l’indignation, sa famille accuse l’État
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Caracas – Une nouvelle affaire secoue le Venezuela et ravive les critiques contre le système carcéral du pays. La famille de Víctor Hugo Quero Navas, prisonnier politique décédé en détention, accuse les autorités d’avoir dissimulé sa mort pendant près de neuf mois et dénonce un « manque de respect clair et notoire » de la part des institutions de l’État.
Arrêté en janvier 2025 dans un contexte de répression contre l’opposition, Víctor Hugo Quero Navas, âgé de 50 ans, est décédé en juillet de la même année dans la prison d’El Rodeo I. Pourtant, sa famille n’a été informée officiellement de son décès que le 7 mai 2026.
Durant tout ce temps, sa mère, Carmen Navas, aujourd’hui décédée, n’a cessé de rechercher son fils. Pendant plus d’un an, elle s’est rendue dans les prisons, les tribunaux et les institutions publiques pour obtenir des informations sur son sort. Selon les proches de la famille, elle s’est heurtée à l’indifférence, au silence et parfois même aux moqueries de certains responsables.
Quelques jours seulement après avoir appris la mort de son fils et assisté à l’exhumation de son corps pour une autopsie, Carmen Navas est décédée à l’âge de 81 ans. Une tragédie qui a profondément ému l’opinion publique vénézuélienne.
« Ce qu’a vécu ma mère est impossible à décrire », a déclaré Gabriel Quero Navas, frère du défunt, lors d’une conférence de presse. Il accuse les autorités de chercher à protéger les responsables de cette affaire et exige que toute la vérité soit établie.
Le parquet vénézuélien affirme pour sa part que le décès est survenu à la suite d’une thromboembolie pulmonaire et qu’aucune trace de violence n’a été retrouvée sur le corps du détenu. Les autorités assurent que l’enquête a été menée conformément à la loi et promettent de poursuivre les investigations.
Mais pour la famille, plusieurs zones d’ombre subsistent. Pourquoi le décès a-t-il été caché pendant neuf mois ? Pourquoi aucun proche n’a-t-il été informé ? Qui a pris la décision de garder le silence sur la mort d’un détenu placé sous la responsabilité de l’État ?
Ces questions alimentent aujourd’hui les critiques des organisations de défense des droits humains. L’ONG Foro Penal affirme que Víctor Hugo Quero Navas est le vingtième prisonnier politique décédé en détention au Venezuela depuis 2014.
L’affaire intervient alors que le pays traverse une nouvelle phase politique après la capture de Nicolás Maduro et l’arrivée au pouvoir de la présidente par intérim Delcy Rodríguez. Sous la pression internationale, plusieurs centaines de prisonniers ont récemment été libérés grâce à une loi d’amnistie adoptée par les autorités.
Cependant, pour les défenseurs des droits humains, l’affaire Quero Navas démontre que les blessures laissées par des années de répression restent ouvertes.
Selon le dernier bilan publié par Foro Penal, 404 prisonniers politiques demeurent encore détenus au Venezuela, dont 35 femmes et 179 militaires.
Pour la famille de Víctor Hugo Quero Navas, le combat ne fait que commencer. Elle réclame justice, vérité et sanctions contre tous ceux qui auraient participé à la dissimulation de ce décès.
Une affaire qui risque de devenir l’un des symboles les plus marquants de la lutte pour les droits humains au Venezuela.

