Monsieur le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies
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Par l’intermédiaire de Monsieur le Représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti,
Chef du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH)
Port-au-Prince, le 8 octobre 2026
Objet : Protestation solennelle, contestation d’allégations infondées et demande de rectification des mentions concernant Monsieur Alfredo Junior Antoine dans le rapport s/2026/714 du Groupe d’experts des Nations Unies sur Haïti
Monsieur le Secrétaire général,
Le citoyen Alfredo Junior ANTOINE, propriétaire, demeurant et domicilié à Port-au-Prince, identifié nationalement et immatriculé fiscalement sous les numéros 1005969444 et 004-440-692-0, ayant pour avocats constitués Maîtres Sonet SAINT-LOUIS, Guérilus FANFAN et Sergot ORESTE, avocats au Barreau de Port-au-Prince, régulièrement identifiés, patentés et imposés sous les numéros 003-350-270-3, 8015420, 13330, 003-340-730-4, 81808413, 81808401, 004-036-717-7, 8307025339 et 00011-0009275, avec élection de domicile en leur cabinet Le Prétoire, sis au numéro 3, Tabarre 53, impasse Saint-Pierre Guérilus, boulevard du 15-Octobre ;
A l’honneur de vous exposer ce qui suit :
C’est avec une profonde préoccupation, mais aussi avec la confiance que lui inspire l’attachement de l’Organisation des Nations Unies aux principes de justice, d’impartialité et de respect des droits fondamentaux, qu’il prend la liberté de s’adresser à votre haute autorité, en sa qualité de citoyen engagé, d’homme politique et d’ancien député de la commune de Kenscoff.
Il tient, avant toute considération, à saluer les efforts considérables déployés par l’Organisation des Nations Unies pour accompagner Haïti dans la recherche d’une solution durable à la crise sécuritaire qui affecte gravement le pays. Il reconnaît pleinement l’importance et la nécessité de cet engagement international, particulièrement face aux violences qui frappent les populations civiles.
C’est précisément au nom de son attachement à la vérité, à la justice et à la crédibilité de l’action des Nations Unies qu’il se voit aujourd’hui contraint d’élever une protestation formelle et solennelle contre les mentions le concernant dans un rapport du Groupe d’experts sur Haïti.
En effet, ce rapport l’associe, à tort et sur la base d’informations qu’il conteste comme non vérifiées, à des activités criminelles et, plus particulièrement, aux actes de violence ayant coûté la vie à plus d’une centaine de personnes dans la commune de Kenscoff, dont il a eu l’honneur de représenter la population au cours de la dernière législature haïtienne.
Il rejette catégoriquement et sans la moindre équivoque ces imputations, qu’il considère comme inexactes, dépourvues de fondement factuel établi et gravement attentatoires à son honneur, à sa réputation ainsi qu’à ses droits fondamentaux.
Ancien parlementaire ayant bénéficié de la confiance de ses concitoyens, auxquels il demeure profondément attaché, il rappelle avoir toujours œuvré, dans la mesure de ses responsabilités et de ses moyens, au service de sa communauté. Son engagement public et politique a constamment été guidé par le souci de défendre les intérêts de la population qu’il a représentée.
Il ne saurait, dès lors, être associé, de près ou de loin, à des actes criminels dirigés contre une population civile sans défense, déjà durement éprouvée par l’insécurité et par les insuffisances de la protection que les autorités compétentes ont pour mission de lui garantir.
Il condamne avec la plus grande fermeté les violences criminelles qui endeuillent Haïti, particulièrement celles perpétrées dans la commune de Kenscoff, et récuse expressément toute affirmation tendant à lui imputer un quelconque lien, soutien, financement, collaboration ou complicité avec un gang ou une organisation criminelle armée.
Au-delà de cette contestation de principe, il importe de rétablir un élément factuel essentiel, dont l’exactitude est déterminante pour une appréciation objective de sa situation.
Contrairement à ce qui est indiqué dans le rapport en question, son interpellation par la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) est intervenue en avril 2025, et non en mars 2025.
À la suite de cette interpellation, qu’il considère comme illégale, il a été conduit devant le parquet de Port-au-Prince. Après examen de son dossier, l’autorité de poursuite a procédé à sa libération, sans retenir à son encontre aucune charge établissant un lien effectif avec une quelconque organisation criminelle armée. L’affaire a ainsi été close, sans poursuite engagée contre lui sur le fondement des faits allégués.
Dans ces conditions, il apparaît particulièrement préoccupant qu’une procédure policière et judiciaire n’ayant donné lieu à aucune poursuite susceptible d’établir son implication puisse être invoquée, directement ou indirectement, pour accréditer des accusations d’une telle gravité.
Comment une affaire classée sans suite par l’autorité de poursuite compétente pourrait-elle raisonnablement servir de fondement à la réitération d’imputations aussi lourdes de conséquences, en l’absence d’éléments probants nouveaux et dûment vérifiés ?
Cette interrogation revêt une importance d’autant plus grande que des rapports émanant d’organisations nationales reconnues pour le sérieux de leurs travaux, notamment le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), qui a mené des enquêtes sur le terrain, ne font, selon les informations dont il dispose, état d’aucun lien entre sa personne et les événements tragiques survenus à Kenscoff.
Il ne saurait être contesté que les rapports établis sous l’égide des Nations Unies exercent une influence considérable, tant auprès des institutions nationales et internationales que dans l’opinion publique. Cette autorité particulière impose, en contrepartie, une exigence de rigueur, de prudence et de vérification des informations, singulièrement lorsque celles-ci mettent personnellement en cause un individu dans des faits criminels d’une extrême gravité.
Sans remettre en question la mission, l’indépendance ni la légitimité du Groupe d’experts, il estime qu’une telle exigence implique que les informations contestées puissent faire l’objet d’un examen objectif et contradictoire, permettant à la personne concernée de connaître les éléments qui lui sont imputés et d’y répondre utilement.
C’est pourquoi il sollicite respectueusement une vérification rigoureuse des sources, des circonstances et des éléments ayant conduit à la mention de son nom dans le rapport, ainsi que la possibilité de présenter ses observations et, le cas échéant, les documents susceptibles d’éclairer les faits.
Il demande, en conséquence, que toute information matériellement inexacte soit formellement rectifiée et que, faute d’éléments probants permettant de justifier les imputations formulées à son encontre, son nom soit retiré sans délai des passages concernés, ou, à tout le moins, qu’un rectificatif explicite soit apporté afin de prévenir la persistance et la propagation d’allégations qu’il conteste fermement.
Cette démarche revêt pour lui un caractère particulièrement urgent. La présence d’imputations aussi graves dans un document officiel des Nations Unies est, en effet, susceptible d’entraîner des conséquences majeures et durables sur sa réputation, sa sécurité personnelle, sa liberté de circulation ainsi que sur l’exercice de ses droits civils et politiques.
Il tient, par ailleurs, à attirer l’attention de votre haute autorité sur un autre aspect essentiel de sa situation.
Il considère que la mention de son nom dans certains documents doit également être appréciée à la lumière de ses prises de position publiques sur la conduite des affaires nationales et de son engagement en faveur de l’établissement de la vérité concernant l’assassinat du président Jovenel MOÏSE.
Or, de telles prises de position, qui relèvent de l’expression de convictions politiques et de la recherche de justice, ne sauraient, en aucune circonstance, être assimilées à une adhésion, à un soutien ou à une collaboration avec les organisations criminelles qui contribuent à la déstabilisation d’Haïti et contre lesquelles il affirme s’être toujours élevé avec détermination.
Assimiler l’exercice de la liberté d’expression politique ou l’engagement en faveur de la justice à une forme de complicité criminelle constituerait une confusion particulièrement grave, appelant, à ce titre, une clarification officielle et sans ambiguïté.
Attaché aux principes de vérité, d’équité et de respect des droits fondamentaux que l’Organisation des Nations Unies a précisément pour vocation de promouvoir, il nourrit l’espoir légitime que sa contestation recevra toute l’attention qu’exige la gravité des faits qui lui sont injustement imputés.
En conséquence, il sollicite respectueusement de votre haute autorité :
- La prise en compte et l’enregistrement officiels de la présente contestation ;
- La transmission de celle-ci au Groupe d’experts des Nations Unies sur Haïti, aux fins d’examen ;
- Le réexamen rigoureux, objectif et contradictoire des informations le concernant, avec la possibilité de répondre aux éléments retenus à son encontre ;
- La rectification formelle de toute information factuellement inexacte, notamment celle relative à la date de son interpellation par la DCPJ ;
- À défaut d’éléments probants permettant d’établir les faits qui lui sont imputés, le retrait des passages concernés du rapport, ainsi que de toute publication officielle ultérieure qui en reprendrait les allégations.
Il réaffirme son entière disponibilité à communiquer aux instances compétentes des Nations Unies, ainsi qu’aux autorités judiciaires haïtiennes, tout document, toute précision ou tout élément d’information utile à une vérification objective des faits et au rétablissement de la vérité.
Sa démarche ne tend nullement à affaiblir l’action indispensable des Nations Unies dans la lutte contre l’insécurité en Haïti. Elle vise, au contraire, à faire prévaloir les principes de justice, d’exactitude et d’impartialité qui fondent la légitimité et la crédibilité de cette action.
Il demeure convaincu que la gravité des accusations portées contre une personne exige une rigueur proportionnelle dans l’établissement des faits et qu’aucune autorité, aussi éminente soit-elle, ne saurait être dispensée de cette exigence fondamentale.
Dans l’attente d’une suite diligente, objective et favorable à la présente requête, eu égard aux préjudices graves que la situation dénoncée est susceptible de lui occasionner, il vous prie d’agréer, Monsieur le Secrétaire général, l’expression de sa très haute considération.
Pour le citoyen Alfredo Junior ANTOINE,
Ses avocats constitués,
Me Sonet SAINT-LOUIS
Me Guérilus FANFAN.

