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3 août 2026

André Michel accuse le gouvernement de vouloir « domestiquer » le CEP et d’organiser des manœuvres pour retarder les élections

3 min de lecture

Port-au-Prince, 2 juin 2026 — La crise autour du processus électoral continue de s’intensifier. Dans une publication diffusée sur son compte X, l’avocat et dirigeant politique André Michel a vivement critiqué le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’il accuse de chercher à prendre le contrôle du Conseil électoral provisoire (CEP) et de compromettre l’organisation des élections prévues en 2026.

Cette réaction intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions entre le gouvernement et le CEP, ainsi que par les préoccupations croissantes exprimées par plusieurs acteurs nationaux et internationaux au sujet de la transition politique.

Selon André Michel, la réunion tenue ce mardi entre le gouvernement et le CEP n’aurait débouché sur aucun accord.

« Nous avons appris qu’il n’y a pas eu d’entente entre le Gouvernement et le CEP à la réunion de ce matin sur la marche du processus électoral », a-t-il déclaré.

« Le CEP veut protéger son indépendance alors que le Gouvernement cherche à contrôler la machine électorale », a-t-il affirmé.

L’une des principales sources de tension demeure la décision de l’Exécutif d’introduire la fonction de directeur général au sein du CEP dans le cadre du nouveau projet de décret électoral.

Cette mesure est dénoncée par plusieurs partis politiques qui y voient une tentative d’ingérence dans les affaires internes de l’organisme chargé d’organiser les élections.

André Michel estime que cette initiative est rejetée par la majorité de la classe politique.

« Mis à part les alliés du Premier ministre, la majorité des acteurs politiques rejettent le choix de l’Exécutif de nommer un directeur général au CEP au mépris de l’autonomie de l’institution électorale », a-t-il soutenu.

Plus loin, l’avocat va encore plus loin dans ses accusations. Selon lui, les différentes controverses entourant le décret électoral, les modifications apportées au texte du CEP et les tensions institutionnelles participeraient d’une stratégie délibérée visant à repousser ou empêcher la tenue des élections.

« Toutes ces manœuvres du Gouvernement procèdent d’une seule et même stratégie : créer des distractions, faire passer le temps, compliquer le processus, pour ne pas faire les élections en 2026 », a-t-il déclaré.

André Michel estime que la volonté du gouvernement de « domestiquer » le CEP risque de conduire le pays dans une nouvelle impasse politique, à un moment où la population attend des avancées concrètes vers le retour à l’ordre constitutionnel.

Face à ce qu’il considère comme une menace pour le processus démocratique, André Michel a lancé un appel aux partenaires internationaux d’Haïti.

Il interpelle notamment l’Organisation des États américains (OEA), la CARICOM, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ainsi que les différents secteurs de la vie nationale afin qu’ils restent vigilants à cette étape décisive de la transition.

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