CEP : ce poste existait déjà depuis des décennies… mais aujourd’hui il fait trembler tout le monde
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La probable réintroduction d’un poste de directeur général au sein du Conseil Électoral Provisoire (CEP) provoque une vive controverse dans le paysage politique haïtien. Plusieurs partis politiques et acteurs de l’opposition dénoncent une tentative du pouvoir en place de renforcer son contrôle sur l’appareil électoral à l’approche des prochaines échéances électorales.
Ces critiques ont émergé après la circulation d’informations liées au nouveau projet de décret électoral, qui prévoit le retour de cette fonction administrative stratégique au sein du CEP. Pour ses détracteurs, cette disposition traduirait une volonté de l’Exécutif d’exercer une influence accrue sur la machine électorale et sur l’organisation des élections prévues en 2026.
Cependant, selon des informations recueillies par le journal, la présence d’un directeur général au CEP est loin d’être une nouveauté dans l’histoire électorale haïtienne. Entre 1987 et 2012, plusieurs personnalités ont déjà occupé cette fonction sous différentes administrations électorales.
Parmi elles figurent notamment Marc Antoine au CEP de 1987 présidé par Ernst Myrvil, Marc Antoine Noël au CEP de 1990 dirigé par Jean Robert Sabalat, ainsi que Joseph Bricourt au sein du CEP de 1992 présidé par Liné Balthazar.
Le poste a également été occupé par Luc Augustin, Jacques Bernard, Pierre-Louis Opont, Gabrielle Yacinthe, Mosler Georges ou encore Uder Antoine sous différentes présidences du Conseil électoral.
Pierre-Louis Opont a notamment exercé cette fonction à deux reprises : au CEP de 2008 présidé par Frantz Verretes puis au CEP de 2010 dirigé par Gaillot Dorsainvil.
Madame Gabrielle Yacinthe a également occupé ce poste entre 2012 et 2014 sous les présidences successives de Josué Pierre-Louis, Max Mathurin et Fritzo Canton.
Ces rappels historiques viennent nuancer les accusations de certains secteurs politiques qui présentent cette mesure comme une innovation sans précédent.
Malgré cela, le débat reste extrêmement sensible dans le contexte actuel marqué par la méfiance politique, les tensions autour du décret électoral et les inquiétudes liées à la crédibilité du futur processus électoral.
Pour plusieurs observateurs, la véritable question ne réside pas uniquement dans l’existence du poste de directeur général, mais plutôt dans les modalités de nomination, les pouvoirs réels accordés à cette fonction et les garanties d’indépendance du CEP face à l’Exécutif.
Dans les coulisses du débat politique, certains observateurs ironisent déjà sur ce retour controversé du poste de directeur général au CEP. Pour eux, au-delà des arguments juridiques et historiques avancés par le pouvoir, cette réforme traduit surtout une volonté de verrouillage progressif des institutions électorales. « Quand le coup de force est en marche, plus rien ne semble pouvoir l’arrêter », glissent certains acteurs politiques, convaincus que chaque modification du décret électoral rapproche davantage le pays d’un processus électoral entièrement contrôlé par l’Exécutif. Une perception qui alimente encore plus le climat de méfiance et de polarisation autour des élections annoncées pour 2026.

