Métronome : Jean Corvington accuse le gouvernement Fils-Aimé d’avoir marginalisé la CARICOM et évoque des préjugés raciaux au sein d’une partie du secteur privé
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Port-au-Prince – Dans un éditorial publié par Métronome, le journaliste Jean Corvington dresse un constat très critique de la stratégie diplomatique du gouvernement dirigé par le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé, qu’il estime de plus en plus isolé sur la scène régionale et internationale.
Selon l’éditorialiste, le gouvernement aurait adopté une attitude de rupture vis-à-vis de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), en multipliant les gestes de distance, notamment en rappelant son ambassadeur et en évitant plusieurs rencontres avec les représentants de l’organisation régionale.
Toujours selon Métronome, cette stratégie aurait contribué à accentuer l’isolement du pouvoir, alors même que plusieurs partenaires internationaux, dont l’Organisation des États américains (OEA), les Nations unies, les États-Unis, le Canada et l’Union européenne, continuent de considérer la CARICOM comme un acteur central dans la recherche d’une solution à la crise haïtienne.
Dans son analyse, Jean Corvington affirme également qu’une partie du secteur privé haïtien entretiendrait une vision méprisante de la CARICOM. Il écrit que certains de ses représentants réduiraient l’organisation à une « bande de leaders noirs », privilégiant, selon lui, les interlocuteurs américains ou européens. Ces propos reflètent l’analyse et les accusations formulées par l’éditorialiste et ne sont pas présentés comme des faits établis.
L’éditorial soutient par ailleurs qu’une source diplomatique, citée par Métronome, affirme que la CARICOM souhaiterait désormais le départ d’Alix Didier Fils-Aimé de la Primature. Cette information n’a pas fait l’objet d’une confirmation publique de la part de l’organisation régionale.
Selon le journaliste, le Premier ministre chercherait à consolider sa position en multipliant les discussions avec plusieurs figures de l’opposition, auxquelles des postes au sein d’un éventuel remaniement ministériel auraient été proposés. Métronome affirme toutefois que plusieurs de ces responsables politiques seraient déjà en contact avec la CARICOM et soutiendraient la perspective d’un changement à la tête du gouvernement.
Dans sa conclusion, Jean Corvington estime que le chef du gouvernement se retrouverait aujourd’hui politiquement isolé et que sa marge de manœuvre se réduirait progressivement. Il considère que les calculs politiques du Premier ministre l’auraient conduit dans une impasse, alors que le pays demeure confronté à une crise sécuritaire, humanitaire et institutionnelle persistante.
