Haïti : un décret accorde un passeport diplomatique à vie aux anciens Premiers ministres et à leurs conjointes
Port-au-Prince – Un décret publié le 11 juin 2026 par le gouvernement dirigé par le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé modifie les conditions d’attribution des passeports diplomatiques en Haïti. Le texte étend désormais ce privilège aux anciens Premiers ministres ainsi qu’à leurs conjointes, une décision qui suscite de nombreuses réactions dans les milieux politiques.
Avant cette réforme, les passeports diplomatiques à vie étaient principalement réservés aux anciens présidents de la République, à leurs épouses et à leurs enfants âgés de moins de 16 ans. Le nouveau décret ajoute désormais les anciens chefs de gouvernement à cette liste. Les anciens ministres des Affaires étrangères figurent également parmi les nouveaux bénéficiaires.
Cette décision intervient alors que le pays traverse une crise multidimensionnelle marquée par une insécurité persistante, une dégradation des conditions de vie et une transition politique toujours contestée. Pour plusieurs observateurs, l’élargissement de ces avantages intervient dans un contexte où les priorités de l’État devraient être concentrées sur le rétablissement de la sécurité et le fonctionnement des institutions.
Les critiques estiment que cette modification réglementaire permettra notamment à Alix Didier Fils-Aimé de conserver les privilèges liés au passeport diplomatique après son départ de la Primature. Elles considèrent que cette mesure renforce les avantages accordés aux hauts responsables de l’État alors que la majorité de la population continue de faire face à une crise économique et humanitaire.
Les partisans du décret pourraient, de leur côté, faire valoir que l’extension des bénéficiaires s’inscrit dans une réorganisation du statut protocolaire des anciens hauts responsables de l’État. À ce stade, le gouvernement n’a toutefois pas publié d’explications détaillées sur les motivations ayant conduit à cette réforme.
La publication de ce décret relance le débat sur l’utilisation des privilèges attachés aux fonctions publiques en période de transition et sur l’opportunité d’élargir ces avantages alors que le pays demeure confronté à d’importants défis institutionnels, sécuritaires et sociaux.

