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14 juillet 2026

À six mois de la date butoir (7 février 2027), Me André Michel dénonce un « sabotage pur et simple » des élections par Didier Fils-Aimé

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Alors qu’aucune disposition concrète n’a été prise pour le scrutin promis en 2026, l’avocat et figure de l’opposition tire la sonnette d’alarme. La rédaction de Lakay Info analyse, de son côté, le contexte géopolitique dans lequel évolue le gouvernement Fils-Aimé.

Le 13 juillet 2026 restera une date de plus dans le long calendrier des promesses non tenues en Haïti. Alors que le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé avait officiellement fixé l’organisation des élections générales à cette année, le constat est amer : rien n’est prêt. Aucune structure électorale opérationnelle, aucun décret de convocation, aucun calendrier définitif. Le vide est total.

Dans une déclaration sans concession, sur X Me André Michel, avocat et leader du Secteur démocratique et populaire, a dénoncé avec force ce qu’il qualifie de « sabotage » délibéré du processus électoral par le Premier ministre en exercice.

« Nous sommes le 13 Juillet ! Aucune disposition pour les elections ! Pacte National volé en éclats, Complication de la situation humanitaire et sécuritaire, Gouvernance partisane. Fils-Aimé avait promis les élections pour 2026. Échec Total! Nous devons redresser le Processus électoral. »

Si Me André Michel n’a pas directement mis en cause les États-Unis dans sa déclaration, la rédaction de Lakay Info tient à rappeler le contexte particulier dans lequel évolue Alix Didier Fils-Aimé. Nommé Premier ministre  par le Conseil présidentiel de transition (CPT).

Cette configuration, jugée inconstitutionnelle par une partie de l’opposition, place Fils-Aimé dans une position de fragilité politique. Nombreux sont ceux qui estiment que son maintien au pouvoir dépend largement du soutien de la communauté internationale, et en premier lieu des États-Unis, qui exercent une influence prépondérante sur les affaires haïtiennes depuis des décennies.

L’autre cible de Me André Michel est le fameux Pacte national, signé en avril 2026 entre plusieurs forces politiques et le gouvernement, et censé tracer la voie vers des élections crédibles. Mais pour l’avocat, ce texte a été vidé de sa substance : « Pacte National volé en éclats », écrit-il, en référence aux modifications qu’il accuse le Premier ministre d’y avoir introduites, notamment sur les questions constitutionnelles.

Ces changements, selon lui, ne visent qu’à « brouiller les cartes » et à rendre le processus électoral inapplicable, afin de justifier un nouveau report. Une stratégie qui, si elle se confirme, condamnerait Haïti à une nouvelle année d’incertitude.

Au-delà du volet électoral, Me André Michel tire la sonnette d’alarme sur la dégradation continue des conditions de vie des Haïtiens. La « complication de la situation humanitaire et sécuritaire » qu’il évoque n’est pas une abstraction. Les gangs contrôlent désormais plus de 80 % de la capitale Port-au-Prince, les déplacements de population se comptent par centaines de milliers, et la famine guette des régions entières.

Les opérations de la Police nationale, malgré l’appui logistique de la communauté internationale, peinent à inverser la tendance. Une situation que l’opposition impute à une « gouvernance partisane », où les postes et les ressources seraient distribués selon des logiques clientélistes plutôt qu’au bénéfice de l’intérêt général.

Face à ce constat d’échec, Me André Michel ne se contente pas de critiquer. Il lance un appel solennel à l’ensemble des acteurs politiques haïtiens : « Nous devons redresser le Processus électoral. » Et il va plus loin en estimant qu’il est temps de dépasser les clivages pour former un front commun destiné à « sortir de l’enfer infernal qui capture et tue à petit feu toute une nation ».

Selon des sources proches de l’opposition, des discussions seraient en cours pour élaborer une proposition de sortie de crise alternative, qui serait soumise à la CARICOM, au Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) et à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). L’objectif : contraindre le gouvernement à accepter un calendrier électoral contraignant, sous peine de sanctions internationales.

Alors que les jours défilent et que l’échéance de 2027 se rapproche dangereusement, Haïti semble une fois de plus au bord du gouffre. Les promesses de Fils-Aimé, qui affirmait en début d’année que les élections auraient bien lieu en 2026, ressemblent aujourd’hui à un mirage.

La communauté internationale, de son côté, commence à montrer des signes d’impatience. Les États-Unis, par la voix de leur ambassadeur, ont récemment rappelé que le financement des élections était conditionné à des progrès concrets en matière de sécurité et de transparence. Une pression qui, selon Lakay Info, pourrait aussi bien accélérer le processus que le bloquer davantage, si les autorités haïtiennes choisissent de jouer la montre.

Lakay Info continuera de suivre l’évolution de ce dossier brûlant.

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