Haïti : Laurent Lamothe propose une unité d’élite de 1 000 soldats pour combattre les gangs
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Port-au-Prince — L’ancien Premier ministre haïtien Laurent Lamothe propose de renforcer les Forces armées d’Haïti (FAd’H) avec une unité spéciale de 1 000 soldats d’élite destinée à combattre les groupes armés et à reprendre progressivement le contrôle des territoires sous leur influence.
Dans une publication sur son compte X, Lamothe estime que l’expansion des Forces armées constitue « une nouvelle porteuse d’espoir » pour Haïti. Il propose que cette unité soit formée avec l’appui de militaires tchadiens ou de spécialistes étrangers, citant notamment Erik Prince, fondateur de la société militaire privée Blackwater.
Selon l’ancien chef du gouvernement, cette force d’élite devrait, dans un premier temps, intervenir aux côtés de la Force de sécurité des gangs (GSF) afin de cibler les dirigeants des groupes armés, démanteler leurs réseaux et contribuer à la reprise progressive de Port-au-Prince. Lamothe envisage une opération menée « quartier par quartier », avec pour objectif affiché de rétablir l’autorité de l’État dans la capitale.
À plus long terme, cette unité aurait également pour mission d’empêcher une reconstitution des groupes armés et de prévenir leur retour dans les territoires reconquis. Pour justifier sa proposition, Laurent Lamothe évoque le Bloc de recherche colombien (Bloque de Búsqueda), une unité spécialisée qui avait notamment participé à la traque de Pablo Escobar, chef du cartel de Medellín.
L’ancien Premier ministre estime qu’Haïti pourrait s’inspirer de cette expérience pour mettre en place une force spécialisée contre les chefs de gangs et leurs réseaux.
Il propose par ailleurs que le financement de cette unité soit assuré par le Fonds national de sécurité. Dans son message, Laurent Lamothe dresse également un constat sévère de la situation sécuritaire. Après plus de cinq années de crise, il estime que la Police nationale d’Haïti (PNH) ne dispose pas, à elle seule, des moyens nécessaires pour venir à bout des groupes armés.
L’ancien Premier ministre va plus loin en affirmant que la PNH aurait été « trop souvent affaiblie par des complicités avec ces mêmes gangs ». Une accusation qui, formulée ainsi, relève de son appréciation politique et nécessiterait des éléments précis pour être établie.
Laurent Lamothe appelle finalement à un investissement massif dans les forces de défense nationales. Son objectif, résume-t-il, est de « rétablir l’autorité de l’État », de reprendre le contrôle de la capitale et d’empêcher que le pays puisse à nouveau être placé sous la domination des groupes armés.
La proposition intervient alors que les autorités haïtiennes cherchent à renforcer simultanément les capacités de la PNH, des Forces armées d’Haïti et des forces internationales engagées dans la lutte contre les gangs.
Pour Laurent Lamothe, le choix est désormais clair : renforcer durablement les capacités militaires du pays et disposer d’une unité spécialisée capable de mener des opérations ciblées contre les structures criminelles. « Haïti ne doit plus jamais vivre sous la loi des gangs », conclut-il.

