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4 juillet 2026

Haïti : Ramdin avertit que la sécurité passe par une refondation politique — la fin du CPT semble inévitable

3 min de lecture

Le diplomate surinamais Albert Ramchand Ramdin prendra officiellement les commandes de l’Organisation des États américains (OEA) le 25 mai 2025. Mais avant même son entrée en fonction, il sonne l’alarme : Haïti, dévastée par les gangs et l’effondrement de l’État, ne pourra pas être sauvée par des armes seules.

« Déployer des troupes ne suffit pas. Il faut aussi un véritable soutien à la reconstruction de l’État de droit », a déclaré Ramdin dans une interview au Washington Diplomat.

Ancien haut cadre de l’OEA, Ramdin hérite d’une organisation affaiblie, souvent accusée de passivité. Mais avec Haïti en pleine implosion, son mandat débute au cœur d’une urgence régionale.

Infrastructures détruites, gouvernement impuissant, gangs surarmés : le nouveau secrétaire général fait face à une crise où le chaos sécuritaire se mêle à une vacuité politique totale.

Un symposium international sur Haïti, organisé à Washington avant même sa prise de fonction, vise à rassembler les soutiens autour d’un plan de sortie de crise. Mais les défis sont titanesques : restaurer un système judiciaire moribond, enrayer la progression des groupes armés et surtout rebâtir une gouvernance légitime.

Le 20 mai, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a appelé l’OEA à jouer un rôle plus direct : former et encadrer une force régionale élargie, en appui à la mission dirigée par le Kenya (MMAS). Mais avec moins de 1 000 policiers déployés sur les 2 500 annoncés, la mission peine à décoller.

En parallèle, les États-Unis ont officiellement classé les groupes armés Viv Ansanm et Gran Grif comme organisations terroristes, un signal de durcissement qui pourrait ouvrir la voie à des actions plus offensives.

« Sans consensus, pas d’élections »

Mais Ramdin reste ferme : la sécurité seule ne suffira pas. Le vrai chantier est politique.

« Vous ne pouvez pas attendre grand-chose à ce stade. La situation est si grave qu’il faut d’abord rétablir un minimum de normalité. »

En Haïti, des voix s’élèvent pour renforcer cette lecture. Pour Maître André Michel, figure politique connue et critique du gouvernement intérimaire :

« Il faut des troupes pour rétablir la sécurité, mais cela ne suffit pas. Il faut la construction d’un consensus politique avant toute perspective électorale. »

Il va plus loin, exigeant une réforme profonde du Conseil présidentiel de transition (CPT), qu’il juge inefficace et illégitime.

« Pas de dialogue avec les gangs. Pas de négociation. Pas d’amnistie pour les terroristes. »

La nomination de Ramdin survient à un moment où la crédibilité même de l’OEA est en jeu. Souvent critiquée pour son alignement sur les grandes puissances, l’organisation hémisphérique joue gros.

« Je vais consacrer beaucoup de temps à Haïti », promet Ramdin.

Mais pour que cela ne reste pas une promesse vide, il devra aller bien au-delà des discours — et s’attaquer à l’impensé : la refondation du pouvoir politique haïtien.

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