Mario Andrésol : De héros de la sécurité à symbole d’échec — Vers une chute à la Mirlande Manigat.-
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Mario Andrésol, ancien directeur général de la Police Nationale d’Haïti (PNH), longtemps perçu comme un fin stratège et expert en sécurité, voit aujourd’hui son image s’effriter. À 65 ans, l’homme qui, dans les années 1995, incarnait la fermeté et l’ordre, n’a plus le même dynamisme qu’à 35 ans. Son récent retour sur le devant de la scène en tant que secrétaire d’État à la Sécurité publique soulève désormais plus de doutes que d’espoirs.
Nommé à ce poste clé dans un contexte où l’insécurité en Haïti atteint des sommets inquiétants, Mario Andrésol semblait être un choix stratégique — du moins en apparence. Beaucoup espéraient qu’il apporterait des solutions concrètes à cette crise sécuritaire infernale. Pourtant, son intervention récente sur les ondes de Radio Caraïbes a eu l’effet inverse.
Au lieu de rassurer, le discours de Mario Andrésol a laissé la majorité des auditeurs déçus et frustrés. Son ton mesuré et sa retenue excessive ont été perçus comme un aveu d’impuissance, renforçant l’idée qu’il n’a pas la mainmise sur la situation. Certains critiques n’ont pas hésité à pointer une forme de complicité passive avec la gestion actuelle, évoquant même une certaine envie, non dissimulée, de reprendre le poste de Normil Rameau à la tête de la PNH.
Pour bon nombre d’observateurs, cette nomination ne serait qu’une manœuvre politique pour permettre à Mario Andrésol d’assurer une retraite confortable. Le Mario de 2025 n’est plus le jeune commissaire énergique et audacieux des années 95. Son âge avancé et sa posture effacée soulèvent une question cruciale : a-t-il encore l’énergie et la vision nécessaires pour affronter le chaos sécuritaire du pays ?
Un parallèle troublant commence à émerger dans l’opinion publique : celui entre Mario Andrésol et Madame Manigat. Comme elle, il semble s’être laissé happer par un système politique fragile et éphémère, risquant de voir son héritage terni par des décisions maladroites et une absence de résultats concrets.
La comparaison avec Madame Manigat n’est pas anodine. Elle évoque la chute brutale d’une personnalité autrefois respectée, finalement éclipsée par ( l’inefficacité) du gouvernement auquel elle appartenait. L’histoire semble prête à se répéter pour Mario Andrésol, qui pourrait, lui aussi, finir dans “les poubelles de la psychologie haïtienne” si la situation actuelle perdure.
Face à cette descente aux enfers, une seule porte de sortie honorable semble s’ouvrir pour Mario Andrésol : démissionner.
Quitter son poste maintenant permettrait non seulement de préserver ce qu’il reste de sa réputation, mais aussi de ne pas sombrer avec un gouvernement de transition qui touche déjà à sa fin. Ce régime fragile et contesté semble plus proche de son effondrement que de l’accomplissement de sa mission.
Mario Andrésol est donc à la croisée des chemins : continuer à s’enliser dans un rôle qui ternit chaque jour un peu plus son image ou poser un geste fort en se retirant avant que l’histoire ne le range, comme Madame Manigat, dans les figures politiques ayant perdu leur éclat.
