Chili : une enquête ouverte sur un présumé trafic de mineurs haïtiens, plus de 10 000 demandes de visa toujours en attente
3 min de lecture
Port-au-Prince / Santiago – Les autorités chiliennes ont ouvert une enquête sur un possible réseau de trafic d’êtres humains impliquant des mineurs haïtiens entrés sur le territoire chilien en 2025, selon des informations relayées par le Parquet national.
L’enquête fait suite à un rapport de la Cour des comptes chilienne qui a mis en évidence plusieurs irrégularités dans l’entrée de mineurs étrangers sous le régime du regroupement familial. Selon les premières constatations, les liens de parenté entre certains accompagnateurs et les enfants concernés n’auraient pas été systématiquement vérifiés lors de leur arrivée au Chili.
Le ministère public chilien évoque des faits particulièrement graves touchant à la protection des mineurs migrants. Au moins douze personnes sont actuellement soupçonnées d’avoir effectué plusieurs entrées sur le territoire en se présentant comme responsables légaux d’enfants, soulevant ainsi des inquiétudes quant à l’existence éventuelle d’un réseau organisé.
Face à ces révélations, le Parquet national a décidé d’ouvrir une enquête pénale afin de déterminer les circonstances exactes de ces déplacements et d’identifier les éventuelles responsabilités.
Cette affaire intervient dans un contexte déjà marqué par des controverses autour de la délivrance de visas à destination des ressortissants haïtiens. Selon les informations disponibles, le gouvernement chilien avait rappelé son consul général en Haïti à la fin de l’année 2025 à la suite de révélations portant sur l’octroi présumé de visas en dehors des procédures réglementaires.
Des allégations de corruption et de versements de pots-de-vin avaient également été évoquées à l’époque, poussant les autorités chiliennes à renforcer les contrôles administratifs liés à l’immigration.
Depuis le rappel du diplomate, le traitement des dossiers migratoires aurait considérablement ralenti. Plus de 10 000 demandes de visa seraient actuellement en attente de traitement, selon plusieurs sources concordantes.
L’enquête en cours pourrait ainsi relancer le débat sur les mécanismes de contrôle migratoire, la lutte contre le trafic de personnes et la protection des enfants migrants dans la région. Les autorités chiliennes n’ont, pour l’instant, communiqué aucun détail supplémentaire sur l’identité des personnes visées ni sur l’ampleur réelle du réseau présumé.
Le dossier est suivi de près par les organismes de défense des droits des migrants, qui appellent à faire toute la lumière sur cette affaire tout en veillant à la protection des mineurs concernés.

