Varreux au cœur d’un investissement de 60 millions de dollars : l’Union européenne veut tourner la page de l’aide humanitaire en Haïti
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PORT-AU-PRINCE – L’Union européenne entend redéfinir en profondeur sa coopération avec Haïti. Délaissant progressivement le modèle traditionnel de l’aide humanitaire, Bruxelles mise désormais sur les investissements privés et les partenariats économiques pour soutenir la relance du pays. Cette nouvelle orientation place notamment le terminal pétrolier de Varreux au centre d’un projet d’investissement de 60 millions de dollars, resté bloqué depuis plusieurs années.
Cette nouvelle stratégie sera officiellement présentée le lundi 29 juin lors d’une conférence organisée à Port-au-Prince autour de Global Gateway, le vaste programme d’investissement de l’Union européenne lancé en 2021 afin de mobiliser des capitaux publics et privés dans les infrastructures, les transports, l’énergie, le numérique et la résilience climatique.
Selon l’ambassadrice de l’Union européenne en Haïti, Hélène Roos, le contexte actuel impose un changement de paradigme.
« Nous ne devons plus seulement parler d’aide. Il est temps de parler d’investissements et de créer des partenariats durables », a-t-elle déclaré.
L’événement réunira des représentants du secteur privé haïtien ainsi que plusieurs experts internationaux, dont l’économiste français Jacques Attali, qui interviendra par visioconférence afin de présenter les opportunités offertes par cette nouvelle stratégie européenne.
Varreux et le projet de 60 millions de dollars
Parmi les dossiers emblématiques figure celui du terminal de Varreux, où un investisseur européen souhaite réaliser un projet d’expansion évalué à 60 millions de dollars américains.
Ce projet est toutefois paralysé depuis plusieurs années en raison de désaccords administratifs entre les autorités haïtiennes et les investisseurs. Cette situation a conduit l’Union européenne à exprimer ses préoccupations concernant le climat des affaires, la concurrence dans les ports haïtiens ainsi que les procédures douanières jugées contraignantes.
Sans commenter directement ce différend, Bruxelles estime néanmoins qu’une amélioration de la gouvernance permettra de débloquer des investissements majeurs capables de soutenir durablement l’économie nationale.
L’Union européenne a déjà consacré 340 millions d’euros au financement de projets de développement en Haïti jusqu’en 2028. À cela s’ajoutent entre 25 et 40 millions d’euros d’aide humanitaire chaque année.
Sur le plan sécuritaire, les États membres de l’Union européenne ont également promis 64 millions d’euros au Fonds fiduciaire des Nations unies destiné à soutenir la Mission multinationale d’appui à la sécurité, ainsi que 10 millions d’euros supplémentaires pour renforcer la Police nationale d’Haïti.
À travers Global Gateway, Bruxelles souhaite désormais attirer davantage d’investissements européens en Haïti dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les infrastructures portuaires, les énergies renouvelables, les transports et les projets liés à la transition climatique.
Pour les responsables européens, l’objectif est d’accompagner Haïti vers un développement économique durable reposant davantage sur les investissements productifs que sur l’assistance internationale.
« Notre intérêt est de voir émerger une Haïti forte, stable et capable d’attirer les investisseurs », a affirmé Hélène Roos, soulignant que le capital humain haïtien demeure un atout majeur pour l’avenir du pays.

