Haïti : le décret électoral modifié exclut les personnes ayant déjà été détenues, une disposition qui suscite la controverse
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Port-au-Prince – Le décret électoral modifié, publié vendredi par les autorités de transition, introduit une nouvelle condition d’éligibilité qui fait déjà l’objet de nombreuses réactions. Selon l’article 153, alinéa 8, tout candidat devra désormais produire une attestation sur l’honneur, signée devant un notaire, certifiant n’avoir jamais été condamné ni détenu, en Haïti ou à l’étranger, pour une série d’infractions prévues par le texte.
La disposition vise notamment les infractions économiques, les violences sexuelles, le trafic illicite d’armes à feu, le trafic de stupéfiants, les enlèvements, la séquestration de personnes ainsi que toute autre infraction qualifiée de délictuelle ou criminelle.
Cette nouvelle exigence soulève toutefois des interrogations quant à son application. Dans son éditorial, le journaliste Jean Corvington, cité par Métronome, estime que cette disposition pourrait avoir des conséquences importantes sur la participation de plusieurs personnalités politiques aux prochaines élections.
Selon cette analyse, des responsables politiques ayant déjà été arrêtés par le passé pourraient se retrouver dans une situation d’inéligibilité au regard du nouveau texte. Les noms d’Arnel Bélizaire, de Nenel Cassy et d’Alfredo Antoine sont notamment évoqués comme exemples de personnalités susceptibles d’être concernées, sans qu’il soit établi à ce stade que leur situation juridique corresponde effectivement aux critères retenus par le décret.
Toujours selon Jean Corvington, cette disposition pourrait également offrir aux autorités des moyens d’écarter certains candidats potentiels. L’éditorialiste fait notamment référence aux avis de recherche émis en février 2026 contre plusieurs personnalités politiques, estimant que ces procédures pourraient, selon leur évolution judiciaire, influencer le processus électoral.
Le nouveau décret intervient alors que le gouvernement affirme vouloir renforcer l’intégrité du scrutin et encadrer davantage les conditions d’éligibilité des candidats. De leur côté, plusieurs observateurs estiment que ces nouvelles dispositions devraient faire l’objet d’une interprétation juridique précise afin d’éviter toute utilisation à des fins politiques.
Source : Métronome (éditorial de Jean Corvington).

